Le 28 juillet 2026, Zinédine Zidane est devenu sélectionneur de l’équipe de France. Une consécration pour un homme qui n’a jamais rompu le fil avec l’Algérie, la terre de ses parents. Retour sur une relation passionnelle et tumultueuse, faite d’émotion, de conflits et de gestes discrets.
Zinédine Zidane, l’Algérie et le poids des racines
Zinédine Zidane est né à Marseille, mais son cœur a toujours balancé entre deux rives. Son père, Smaïl, est originaire de Kabylie. Sa mère, Malika, vient aussi d’Algérie. Cette double culture a forgé l’homme et le joueur.
Très tôt, le jeune Zizou apprend la valeur du travail et de l’humilité. Ses parents lui transmettent le respect des autres, surtout de ceux qui souffrent. Ce terreau familial explique en grande partie son comportement discret face aux médias et aux honneurs.
La visite à Bouteflika et la médaille El-Athir
En décembre 2006, quelques mois après le fameux coup de tête lors de la finale de la Coupe du monde, Zinédine Zidane est reçu par Abdelaziz Bouteflika. Le président algérien lui remet la médaille El-Athir, la plus haute distinction du pays.
Cette décoration récompense une carrière hors norme. Le journal L’Express évoque une notoriété construite grâce à une volonté et une sportivité rares. Mais ce voyage officiel ne fait pas l’unanimité. Saïd Sadi, alors chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie, dénonce une récupération politique. Il parle même d’une « première grosse faute ».
Sur place, Zinédine Zidane ne se contente pas des salons du palais d’El-Mouradia. Il se rend dans le village de ses parents en Kabylie. Il visite aussi plusieurs hôpitaux à Alger et dans sa région d’origine. Les images de cette tournée marquent les esprits.
Un chèque remis en toute discrétion
Au fil des années, des témoignages révèlent une autre facette de Zinédine Zidane. Le journaliste sportif Lakhdar Berriche, qui a longtemps vécu en Espagne, raconte une scène surprenante. Il affirme avoir vu de ses propres yeux le champion remettre un chèque au Croissant rouge algérien.
« Je l’ai surpris en train de remettre un chèque », confie Berriche. La surprise vient de la discrétion totale du geste. Zidane n’a jamais cherché à médiatiser ses dons. Cette attitude correspond à son éducation : aider sans se faire voir.
Sa fondation a participé à l’équipement de plusieurs hôpitaux en appareils d’hémodialyse. Des fournitures médicales ont aussi été envoyées dans des cliniques pour enfants. Son père, Smaïl, a fait construire une mosquée et offrir une ambulance à la commune de son village. Toute la famille agit dans l’ombre.
- 🩺 Équipement de services d’hémodialyse dans des hôpitaux algériens
- 🚑 Don d’une ambulance par Smaïl Zidane à la commune de Kabylie
- 🕌 Construction d’une mosquée dans le village familial
- 🤲 Versement d’un chèque au Croissant rouge algérien
- 👶 Fournitures médicales pour des cliniques pédiatriques
Football, émotion et conflits : une relation passionnelle
Zinédine Zidane n’est pas qu’un footballeur. C’est une légende qui cristallise les passions. Son lien avec l'Algérie reste unique, mais il a connu des zones d’ombre. Le coup de tête de 2006 a provoqué des débats des deux côtés de la Méditerranée.
En France, beaucoup y voient une faute impardonnable. En Algérie, certains y lisent une réaction de fierté. Zidane, lui, n’a jamais expliqué ce geste. Cette retenue alimente encore les discussions.
Un retour aux sources et un nouveau défi avec les Bleus
Zinédine Zidane reste un entraîneur très attendu. Après ses succès au Real Madrid, il a pris du recul. Le 28 juillet 2026, la Fédération française de football annonce sa nomination comme sélectionneur. Une nouvelle page s’ouvre.
Ce choix représente un symbole fort. Zidane incarne à lui seul la réconciliation possible entre la France et son histoire algérienne. Les supporters des deux pays attendent maintenant des résultats. Le défi sportif se double d’un enjeu émotionnel énorme.
Un héritage qui dépasse le terrain
Ce qui frappe chez Zinédine Zidane, c’est sa constance. Les années passent, les titres s’accumulent, mais il garde cette réserve qui le rend si attachant. Sa relation avec l’Algérie reste vivante, faite de gestes simples et de silences.
En 2026, alors qu’il revient sur le banc des Bleus, son histoire personnelle résonne plus fort que jamais. Chaque action, chaque déclaration sera observée à la loupe. Mais ceux qui connaissent l’homme savent déjà qu’il restera fidèle à lui-même. Le footballeur a grandi, l’entraîneur s’affirme, et l’enfant de Kabylie n’a rien oublié.

Rédactrice en chef de Kabylie Actualité depuis sa création. Journaliste passionnée par le Maghreb et la diaspora, installée à Tizi Ouzou après quinze ans dans la presse francophone.