Il a fallu 66 ans pour qu’un hommage soit rendu à Claude Sauve. Ce jeune Auzétan, tué à 22 ans en Algérie, a été assassiné dans une embuscade. Une rencontre émouvante a récemment rappelé son histoire.
Claude Sauve était le seul appelé du pays de Seyne à être tombé au combat pendant la guerre d’Algérie. Son courage et son sacrifice ont été mis en lumière par un homme passionné : Claude Savornin. Ce chirurgien à la retraite a mené l’enquête pendant plus de 60 ans.
Un hommage attendu depuis 66 ans
C’est dans la salle des fêtes d’Auzet que l’on a célébré la mémoire du jeune soldat. Près de 80 personnes ont répondu présent. Des anciens combattants, des élus et des habitants de la vallée.
Claude Savornin, Seynois de Couloubroux, a raconté son long travail. Tout est parti d’un souvenir d’enfance. La mort de Claude Sauve l’avait bouleversé. Il se souvenait de l’annonce faite à la mère, receveuse des postes. La mairie n’avait pas le téléphone. C’est elle qui avait reçu le message officiel, avec l’ordre d’informer le maire du décès de son propre fils.
Ce choc a donné lieu à une véritable enquête. Sa carrière militaire a permis à Claude Savornin de consulter des archives. Il a ensuite contacté la famille Sauve et le maire d’Auzet, Christian Isoard. L’idée d’une conférence est née naturellement.
Un assassinat, pas une mort au combat
- 66 ansd'attente avant l'hommagerendu à Auzet
- 22 ansl'âge de Claude Sauvemort en embuscade
- 80personnes à la cérémoniehabitants et élus
- 60 ansd'enquête pour Claude Savorninchirurgien retraité
« Il n’a pas simplement perdu la vie, il a été assassiné. » Cette phrase, martelée par un membre de la famille, résume l’injustice. Claude Sauve était radio. Il ne portait ni arme ni gilet pare-balles.
L’embuscade s’est déroulée sur une petite route de Kabylie, près de Djidjelli. Entre deux épingles, sa Jeep a été mitraillée. Aucune protection ne pouvait le sauver. Le jeune homme ne voulait pas la guerre.
Son ami Jean-Pierre Isoard raconte leur dernière fête ensemble à Oraison. « Il m’a dit que dans son coin ça pétait tous les jours et qu’il ne reviendrait sûrement plus. » Une prémontition tragique, partagée avec sa sœur Colette.
La violence de l’attaque a marqué les esprits. Les circonstances exactes ont longtemps été cachées. Aujourd’hui, la vérité commence à émerger. Combien de familles attendent encore cette vérité ?
Un pacifiste envoyé au front
Claude Sauve était pacifiste. Il militait aux Jeunesses communistes. Lors de ses obsèques, son ami Max Isoard l’a dit devant tout le monde. Le préfet et les militaires ont quitté la cérémonie.
Les représailles ont été immédiates et brutales. Elles ont marqué sa courte vie de soldat.
- 🔒 Révocation de son sursis de mobilisation
- ⚔️ Affectation en Algérie dans un régiment de tirailleurs
- 🤐 Ordre de ne pas se faire remarquer, de « la fermer »
- 📉 Avancement bloqué dans l’armée
Roger Isoard, ancien maire d’Auzet, a rappelé cette injustice. Claude est allé se faire tuer pour une cause qu’il ne défendait pas. Un constat amer, encore présent dans les mémoires.
La mémoire, la Fnaca et le dernier adieu
Colette, la sœur de Claude Sauve, était présente avec ses deux fils. Son émotion était palpable. Son petit frère recevait enfin l’hommage public qu’il méritait. André Savornin et André Collomb, présidents des comités locaux de la Fnaca et du Souvenir français, ne s’y sont pas trompés.
Ce moment représente une victoire. La victoire de la mémoire sur l’oubli. Le courage de ce pacifiste a été reconnu. Son sacrifice n’aura pas été vain.
Le travail de Claude Savornin dépasse la simple conférence. C’est une leçon de justice et de transmission. Plus de soixante années de recherches pour redonner sa dignité à un enfant du pays. Aujourd’hui, l’Auzétan sait enfin pourquoi Claude Sauve est mort.
En 2026, la France commémore les accords d’Évian. Le devoir de mémoire reste essentiel. Claude Sauve en est un symbole douloureux. L’assistance a longuement applaudi. Les drapeaux se sont inclinés. Claude Sauve, héros malgré lui, est entré dans l’histoire de son village.
Claude Sauve, héros oublié pendant 66 ans
Pourquoi a-t-on attendu 66 ans avant de lui rendre hommage ?
Parce que personne n'avait vraiment creusé son histoire avant Claude Savornin. Les archives étaient difficiles à consulter et la famille gardait un silence douloureux. Il a fallu un homme obstiné pour briser tout ça.
Claude Sauve était vraiment pacifiste ?
Des témoignages de l'époque le confirment. Il militait aux Jeunesses communistes et son ami Max Isoard l'a dit publiquement lors des obsèques.
Est-ce que sa famille était à la cérémonie ?
Sa sœur Colette est venue avec ses deux fils. Elle a assisté à l'hommage dans la salle des fêtes d'Auzet, très émue.
Que va-t-il se passer en 2026 pour sa mémoire ?
La France va commémorer les accords d'Évian. Le devoir de mémoire continue et Claude Sauve restera un des symboles de cette période douloureuse.
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Rédactrice en chef de Kabylie Actualité depuis sa création. Journaliste passionnée par le Maghreb et la diaspora, installée à Tizi Ouzou après quinze ans dans la presse francophone.