Envers mon lieu natal (6/8) – Un fragment d’Algérie, par Magyd Cherfi : l’élévation de mon âme

Envers mon lieu natal (6/8) – Un fragment d’Algérie, par Magyd Cherfi : l’élévation de mon âme

Magyd Cherfi poursuit son inventaire du lien à sa terre d’origine. Dans le sixième volet de Envers mon lieu natal, il livre un fragment d’Algérie. Une étape marquée par l’élévation de l’âme, loin de tout exotisme.

Le mot « envers » n’est pas anodin. Il évoque un retournement, mais aussi une dette. Ce récit dit ce que l'on doit à son enfance, à sa famille, à un pays que l’on quitte sans jamais tout à fait s’en éloigner.

Magyd Cherfi, un artiste entre deux rives

Né à Toulouse de parents kabyles, Magyd Cherfi a grandi dans la cité du Mirail. Il y a forgé sa conscience, ses amitiés, et son goût pour les mots. Avec le groupe Zebda, il a porté une parole populaire et joyeuse, entre humour et colère.

Le village de Haute Kabylie, d’où sa famille est originaire, reste un point fixe. C’est là que la série Envers mon lieu natal revient sans cesse. Chaque épisode est un fragment de cette géographie intime.

Ce sixième texte s’intitule « l’élévation de mon âme ». Il dit une transformation. Retrouver son lieu natal, c’est accepter un héritage. C’est aussi se défaire des images toutes faites sur l’Algérie.

Les motifs récurrents de son écriture

Quelques fils traversent tous ses récits. Les voici rassemblés :

  • 🏠 Le village de Kabylie, lieu de mémoire et de ressourcement
  • 🗣️ La langue kabyle, souvent entendue, rarement écrite
  • 📖 La littérature du XIXe siècle, compagne fidèle de l’auteur
  • 🎤 Zebda et la chanson comme acte collectif
  • 🎞️ Le cinéma, de l’échec à l’IDHEC au succès de Ma part de Gaulois

Ces motifs forment une trame. Ils disent une identité faite de morceaux choisis. La nostalgie n’est pas un refuge, c’est une énergie.

L’élévation de l’âme par le retour aux origines

Le titre de ce volet invite à une lecture intime. L’élévation de l’âme passe par la reconnaissance. Magyd Cherfi regarde son pays sans naïveté, mais avec émotion.

Dans La vie de ma mère, il raconte l’émancipation d’une femme de quatre-vingts ans. Le fils devient l’instrument de cette liberté. Le retour au lieu natal s’achève dans un face-à-face avec la mère.

L’écrivain se souvient aussi de son échec au concours de l’IDHEC. Il rêvait de cinéma. Il choisit la musique et les mots. Ces détours construisent son œuvre.

Avec Ma part de Gaulois, il a rencontré un large public. Le livre approche les quatre-vingt-dix mille exemplaires vendus. Son adaptation cinématographique prolonge la réflexion sur la culture, l’intégration et la mémoire.

Un fragment d’Algérie dans la mémoire des pierres

Le village des parents n’apparaît pas comme un décor. Il est un personnage à part entière. Magyd Cherfi y voit des silences, des maisons, des visages. Il en fait un fragment d’Algérie à la fois intime et universel.

La mémoire travaille le texte. Elle transforme le lieu natal en question ouverte. Que doit-on à l’enfance ? Que reste-t-il de nos racines lorsqu’on les interroge franchement ?

Magyd Cherfi ne donne pas de réponse définitive. Il tend la main, raconte, chante parfois. Et cette main suffit à créer la rencontre.

La série compte huit récits. Ce sixième volet laisse entendre que la suite poursuivra ce dialogue entre la France et l’Algérie. Une manière de prouver que la nostalgie, bien menée, devient une promesse.

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